À part le Haut Conseil de la transition (HCT), les autres points prévus dans l’accord du 21 décembre peinent à être matérialisés. Parallèlement, les tenants ont d’autres projets. Me André Michel, membre du gouvernement Henry, a révélé que des discussions sont en cours entre le Premier ministre et le HCT pour réaliser une table ronde avec tous les acteurs afin de dégager une compréhension commune sur la question sécuritaire.

« Cette table ronde doit permettre de mettre en place un CEP le plus inclusif possible, trouver une formule pour faire le remaniement ministériel. L’objectif est d’essayer d’associer tout le monde au processus devant conduire aux élections», a déclaré Me Michel à l’émission Panel Magik le mercredi 29 mars 2023.

Contrairement au remaniement, à l’Organe de contrôle de l’action gouvernementale (OCAG), la table ronde n’était pas prévue dans l’accord du 21 décembre. Ce qui amène certains observateurs à poser des questions sur l’avenir du consensus. En ce sens,  Me André Michel a été très catégorique. Pour lui l’accord n’est pas un contrat juridique. « L’exécution d’un contrat juridique se fait à la lettre, alors que pour un contrat politique, c’est totalement différent. Il s’exécute avec flexibilité», a argué l’homme de loi.

En ce qui a trait à l’échéance du gouvernement dirigé par M. Henry, Me André Michel était évasif. L’avocat n’a pas voulu réagir à la faisabilité de l’organisation des élections à la fin de l’année, telles que prévues dans l’accord du 21 décembre. « On travaille à mettre en place un Conseil électoral provisoire. Sa première tâche sera d’élaborer et de publier un calendrier électoral qui prend en considération tous les paramètres du processus», a-t-il déclaré.

À la question de savoir pourquoi le Secteur démocratique et populaire reste accroché au pouvoir politique malgré la dégradation du climat sécuritaire, André Michel dit croire que le gouvernement n’a rien à voir avec les gangs qui terrorisent la population.

« J’ai la conviction, et personne ne peut nous enlever cette conviction, que le pouvoir n’est pas l’instigateur des gangs. J’ai la conviction que ce gouvernement auquel j’appartiens n’a aucun rapport avec les chefs de gang. Il n’y a jamais de manœuvre pour essayer de fournir aux groupes armes ou argent », a-t-il indiqué, soutenant cependant que des efforts sont consentis pour essayer de colmater cette brèche.

L’ancien ministre de la Justice et celui de l’Intérieur du gouvernement d’Ariel Henry, respectivement Berto Dorcé et Liszt Quitel, ont été sanctionnés par le Canada. La nouvelle a été annoncée le mardi 28 mars 2023 par Affaires mondiales Canada dans un communiqué.

« Le Canada a des raisons de croire que ces personnes utilisent leur statut de membres en vue de l’élite économique en Haïti pour protéger et permettre les activités illégales de gangs criminels armés, notamment par le blanchiment d’argent et d’autres actes de corruption. Ces gangs et leurs partisans continuent de terroriser les populations vulnérables en Haïti en toute impunité et ils précipitent une crise humanitaire dans le pays, qui comprend la résurgence du choléra. Ils commettent également des actes de violence inqualifiables à l’encontre des populations touchées et empêchent la prestation de services essentiels et l’acheminement d’aide humanitaire », poursuit le communiqué.

Le journal a appris que Me André Michel a semé la pagaille lors d’une réunion avec l’émissaire Jonathan Powell le mois dernier. Selon une source, au moment des discussions, Me André a brandi l’accord du 21 décembre qui, selon lui, est largement suffisant et n’a pas besoin d’être élargi.

Me André Michel a nié les informations faisant croire que le SDP torpille les initiatives de dialogue pour élargir l’accord du 21 décembre. « Le 5 mars 2023, nous avons participé à une réunion informelle de haut niveau avec des acteurs politiques sous la direction de l’émissaire Jonathan Powell. Il y a une divergence de fond entre la position exprimée par les représentants de l’accord du 21 décembre et la position portée par une branche de Montana. Magalie Comeau Dénis, Ernest Mathurin et Ted Saint Dic ont exigé de tout remettre à plat. Nous avons une position consensuelle», a fait savoir Me Michel, dénonçant certains acteurs qui, selon lui, sont dans la contradiction.

Il a nommément cité Liné Balthazar, président du Parti haïtien Tèt kale PHTK, et Jean Charles Moïse qu’il décrit comme de très bons amis du premier ministre qui ont leurs représentants dans le pouvoir, mais en même temps sont vêtus d’un costume d’opposition.

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