Le Groupe des anciens ministres de Jovenel Moise (AMIJOMO) a publié le 27 janvier dernier une proposition de sortie de crise. Dans ce document les protagonistes estiment urgent d’instaurer la sécurité dans le pays et de trouver un accord pour la tenue des élections afin de placer dans les institutions des élus nécessaires à la reconstruction nationale. Cependant, le groupe AMIJOMO croit que la résolution de la crise passe d’abord par le départ du premier ministre Ariel Henry le 7 février. Les anciens ministres mettent en avant deux cas de figure pour soutenir que le PM doit partir à cette date. « Si l’on se réfère, d’une part, à la feuille de route confiée au Premier ministre Ariel Henry, par l’ex-Président de la République, son Excellence Jovenel Moise, ce nouveau gouvernement doit s’étendre normalement jusqu’au 7 février 2022, date qui coïnciderait avec la fin du mandat du Président Jovenel Moïse. Or, étant donné l’assassinat de celui-ci et le dysfonctionnement des autres pouvoirs de l’État, le dispositif de l’article 149 de la Constitution de 1987, d’autre part, a servi en la circonstance. En cela, le Gouvernement de Ariel Henry disposait au maximum d’un délai de 120 jours, toujours en référence à l’article 149 de notre constitution, pour organiser les élections et combler ainsi le vide présidentiel », peut-on lire dans le document.

Le groupe AMIJOMO dit constater que le gouvernement dirigé par Ariel Henry n’a rien fait pour améliorer la situation sécuritaire du pays, assurer le suivi du dossier d’assassinat du président, pour poursuivre les assassins, ou encore pour améliorer la situation socio-politique. « Entretemps, il se trouve que ce délai est largement épuisé, sans qu’il y ait au moins des élections présidentielles et sans que la feuille de route qui lui avait été confiée par le Président défunt n’ait été exécutée. (…) En un mot, le gouvernement du Dr Ariel Henry a failli à sa mission et, compte tenu des deux scénarios susmentionnés, n’a plus de légitimité aujourd’hui. (…) Le groupe AMIJOMO réclame le départ pur et simple de la Primature du Premier ministre, Ariel Henry à partir de la date du 7 février 2022 parce qu’il s’est révélé entre autres, suffisant à lui seul dans une sorte de gestion autocratique des affaires du pays, tout en constituant par ailleurs un véritable obstacle pour toute initiative visant à rechercher et à trouver justice pour le feu Jovenel MOÏSE élu par son peuple », exigent ces anciens ministres dans le document.

Par ailleurs, le groupe dit souhaiter un dialogue franc et sincère afin de désigner un nouveau Président de la République et un nouveau Premier ministre. Les deux têtes de l’exécutif, selon la proposition de sortie de crise, auront pour tâches essentielles de : rester dans la logique des accords déjà existants dans notre nouvel univers socio-politique, en faire une meilleure exploitation pour tout dialogue sur des sujets stratégiques comme l’insécurité et les élections ; supporter activement la Police nationale d’Haïti (PNH) dans sa mission de protéger et servir, en particulier, dans ses efforts de lutte contre les gangs et la criminalité ; former un conseil électoral avec la participation des partis politiques, des églises, du secteur Vodou et de la société civile etc., ; engager un débat politique inclusif, permettant de trouver un modus operandi pour aborder le problème de l’insécurité dans le pays en général et à Port au Prince, en particulier ; et poursuivre les efforts de justice pour les victimes assassinées dans le pays récemment, en particulier, pour le Président Jovenel Moise.

Par ailleurs, après l’installation d’un président et d’un PM de la transition, le groupe AMIJOMO dit croire qu’il faudra collaborer avec les institutions judiciaires nationales et internationales afin de faire avancer l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moise. Le groupe des anciens ministres appelle à la poursuite des grands projets financés par le trésor public en matière énergétique, infrastructures routières, etc. AMIJOMO souhaite que soit développé des projets d’apaisement social capables de générer de l’emploi. Il appelle à l’organisation du référendum constitutionnel à partir des travaux déjà effectués que l’on devra toutefois évaluer. Enfin, AMIJOMO appelle à constituer un nouveau CEP afin de réaliser les élections générales et présidentielles à travers le pays, dans un délai compris entre neuf ( 9) et douze ( 12 ) mois à partir de la formation et de l’installation du CEP et de procéder à l’installation d’un nouveau président élu selon un calendrier électoral convenu. La proposition de sortie de crise du groupe AMIJOMO portent les signatures de Joiséus Nader, coordonnateur ; Marie Giselhaine Mompremier, coordonnateure générale adjoint et Pradel Henriquez, secrétaire général.

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